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Discours du 17 septembre 2026
Commémoration à la mémoire des victimes de Sabra et Chatila
Discours prononcé par Édouard Denouel, Maire de Bagnolet :
Mme l’ambassadrice de l’État de Palestine en France,
Mme et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chers amis de l’association Bagnolet Palestine,
Mesdames, Messieurs,
C’est une première en France que cette cérémonie de commémoration officielle des massacres de Sabra et Chatila, tout comme Bagnolet a été la première ville à se jumeler avec ce camp de réfugiés palestiniens au Liban.
Chatila, ce n’est pas n’importe quel camp, même au Liban, il est à part dans sa gestion au quotidien. À l’époque, en 2005, se jumeler à ce camp, à cette histoire, traduisait un courage politique.
Revenons à cette histoire. Ce n’est pas une histoire qui ne nous concerne pas, pas une histoire extérieure à la France.
Notre pays a été un acteur en 1982 avec l’engagement de François Mitterrand, alors médiateur entre l’organisation de libération de la Palestine et Israël. C’est la France qui a évacué les combattants de l’OLP à Tunis avec sa Marine.
Et c’est le retrait des combattants qui a livré les civils du camp de Chatila aux phalangistes fascistes sous la coordination de l’armée israélienne aux ordres d’Ariel Sharon.
Les massacres de 1982 ont eu un immense retentissement en France, notamment dans les quartiers populaires. Ils ont politisé une génération de femmes et d’hommes, issus de l’immigration.
Et d’ailleurs en 1983, chez les marcheurs de la marche pour l’égalité, dont nous allons célébrer d’ailleurs l’anniversaire le 1er décembre prochain, chez ces marcheurs émergent sur la scène publique des jeunes que personne ne voulait voir, des jeunes politisés par ces événements de 1982, et qui arborent désormais le Keffieh.
Tous les épisodes tragiques de l’histoire palestinienne, en 1982, mais aussi en 1987, la première intifada, en 2000, la seconde intifada, à chaque fois, ces épisodes sont l’occasion pour la génération qui vient de s’engager politiquement, de s’engager sur les questions internationales comme très souvent, localement.
L’exemple le plus récent, c’est le génocide à Gaza, qui a lancé une vague internationale de solidarité avec les Gazaouis, notamment dans la jeunesse étudiante, et cela ressemble, sous certains aspects, aux mouvements qui sont nés contre la guerre au Vietnam, et qui ont de la même manière transformée notre vision du monde.
Mais revenons à Chatila et à notre jumelage, il y a eu plusieurs groupes de jeunes adultes qui ont eu la chance et l’honneur de partir 15 jours d’été au contact de jeunes de leur âge, palestiniens du camp de Chatila. C’est une histoire importante de notre ville, importante comme ces jeunes palestiniens qui ont été accueillis ici à Bagnolet. Parmi celle et ceux , nombreuses et nombreux ont participé à ces voyages, à ces accueils, à cette solidarité qui continué et qui a durablement, marqué histoire de notre ville.
Commémorer, c’est important pour la future génération, c’est à l’image de l’olivier de la paix devant lequel nous tenons, cet olivier bien grand maintenant, planté, il y a une décennie par nos enfants. C’est pour moi, pour nous, l’occasion de rappeler notre attachement au droit au retour, ce droit consacré internationalement.
Et concernant ce jumelage bien sûr, nous allons le relancer, c’était un engagement de campagne et nous allons le tenir. Nous allons mener ensemble une délégation de jeunes adultes, au Liban, ce Liban martyr, méthodiquement rasé selon la même doctrine militaire qui a été imposé à Gaza.
Il ne faut pas abandonner le Liban, une délégation fut elle municipale, sera importante pour rappeler les liens indéfectibles entre la France et le Liban, entre Bagnolet et Chatila.
Au moment de céder la parole à son excellence Mme l’ambassadrice de Palestine en France, officiellement ambassadrice de l’État de Palestine en France, je souhaite rappeler que c’est la première fois qu’elle est accueillie Officiellement, ici à Bagnolet, par la municipalité. Et je souhaiterais, avant lui, laisser la parole, lui dire notre soutien et notre admiration pour le travail qu’elle a amené depuis de longues années ici en France, et singulièrement au cours des trois années qui viennent de s’écouler, pour elle, Femme de Gaza, qui a vu se dérouler sous ses yeux, l’ignoble, la terrible Entreprise, de destruction méthodique de Gaza.
Soyez assurée, madame, de notre soutien indéfectible, aujourd’hui comme demain.