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Découverte - 31/07/2012

Il était une fois l'aqueduc de la Dhuys

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Voir la vidéo : Sur les traces de la Dhuys.

Un aqueduc pour alimenter Paris en eau potable

Cliquez pour agrandirAu milieu du XIXe siècle, la ville de Paris fait face à un manque cruel d’eau potable. Les eaux de la Seine sont polluées (déjà !), celles du canal de l'Ourcq sont également impropres à la consommation, et les sécheresses s'enchaînent. Afin de pourvoir la capitale en eau potable, il faut envisager des sources plus lointaines. Les points de captages exploitables sont tous situés à plus de 100 km de Paris. Qu'à cela ne tienne, l’ingénieur Belgrand, personnage éponyme de la rue parisienne voisine, alors responsable du service des Eaux et Forêts choisit de dériver les eaux de la Dhuys depuis Pargny-la-Dhuys dans l'Aisne pour les acheminer jusqu'à Paris par un aqueduc. La bataille des eaux de sources, ainsi nommée par le Baron Haussmann, préfet de Paris, entame ainsi son premier chapitre.

131 km de long pour 20 m de dénivelé seulement

Tous les 500 mètres, un regard de visite fermé à clé permet aux Duysiens de contrôler l'ouvrage (cliquez pour agrandir)Les travaux débutent en 1863 et s'achèvent deux ans plus tard. L’eau parcourt les 131 kilomètres qui séparent sa source du réservoir de Ménilmontant dans un aqueduc enterré sur la majeure partie de son tracé. Pour franchir les obstacles - rivières et vallées - l'aqueduc emprunte des siphons utilisant le principe des vases communicants. Une prouesse technique puisque les seuls 20 mètres de dénivelés - de 128 m au départ à 108 à son arrivée soit 15 cm/km - suffisent à l'eau pour s'écouler par simple gravité. Son acheminement depuis la source prend trois jours environ, et fournit 20000 m3 d'eau par jour.

Des bornes hectométriques pour tracer son parcours

Borne au 175, av. de la Dhuys distante de 129,7 km de la sourceD'un diamètre de 2 m environ, conçu en maçonnerie, l'aqueduc est enterré sous terre. Des balises, appelées point hectométriques marquent son tracé tous les cent mètres. Il en reste quelques unes à Bagnolet, notamment le long de l'avenue de la Dhuys. Le chiffre qu'ils portent indique le nombre d'hectomètres les séparant de la source. Tous les 500 m, des regards – points d'accès – disposés le long du parcours permettaient d'effectuer l'entretien et la surveillance de l'aqueduc. Quelques uns de ces cabanons aux portes vertes ont survécu à l'urbanisation. 

Les guinguettes de la Dhuys pour sortir le dimanche

La zone de l'emprise – terrain en surface - de l'aqueduc fut longtemps préservée de toute construction. Petit à petit s'y ouvriront des guinguettes où Bagnoletais et Parisiens aiment à se promener le dimanche. Depuis, la majeure partie du tracé en région parisienne est urbanisée, mais de nombreux noms de rues rappellent encore son histoire.

Les avenues de la Dhuys, Pasteur et Raspail pour berges

Un des rares regards subsistants, avenue de la DhuysEn petite couronne, la Dhuys traverse les communes de Coubron, Gagny, Le Raincy, Villemomble, Rosny-sous-Bois, Noisy-le-Sec, Romainville, Montreuil-sous-Bois et bien sûr Bagnolet. Sur ce dernier tronçon avant son arrivée à Ménilmontant, le tracé emprunte les avenues de la Dhuys, Pasteur et Raspail.

Promenade virtuelle souterraine

Une animation reconstituée à partir des archives du patrimoine vous invite à promenade virtuelle sur les rives souterraines de la Dhuys. Aujourd’hui, l’eau de le Dhuys alimente principalement le parc Disneyland, seule l'excédent continue d'arroser la capitale et traverse encore Bagnolet.

C’est ainsi qu’une rivière briarde que rien ne destinait à passer par là, a donné son nom à un quartier de notre ville. 

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