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L'Actualité

Découverte - 24/05/2012

Il était une fois, en 1727, le Plan Terrier de Bagnolet

tl_files/images/histoire/archives/vue-generale.JPGC’est un très grand livre, à la lourde reliure de cuir ornée de dorures et de protections en métal clouté. À l’intérieur, sur de larges planches des listes de noms tracés à la plume font face à des plans finement dessinés et rehaussés à l’aquarelle. Pourtant, ce n'est pas un objet d'art, mais un trésor d'histoire vieux de presque quatre siècles. Établi en 1727, c'est le plus ancien document administratif des archives de la ville : le plan des terres de Bagnolet. On l'appelle plus communément le plan-terrier.

Référence pour le calcul des redevances

L'usage des plans terriers, ces ancêtres du cadastre, a commencé à se répandre dès la deuxième moitié du XVIIe siècle. Ils accompagnent alors les livres terriers - sorte de registres des coutumes et des lois régissant une seigneurie. Cette cartographie précise des terres avait pour objectif premier d'établir le montant des redevances dues par les tenanciers qui exploitent les terres de leur seigneur. Pour l'établir, en ce début de XVIIIè siècle, deux arpenteurs royaux, les sieurs Boncoeur et Leroy furent dûment missionnés. Ils ont arpenté, mesuré et dessiné tous les cantons à l’échelle, en unités de mesures de l’époque (perches, pouces etc.). Le résultat – ce lourd ouvrage de 300 pages.

Une description précise du territoire

tl_files/images/histoire/archives/vue-chateau.JPGChaque sentier, parcelle, carrière, point d’eau est précisément consigné sur le plan. On y trouve, particulièrement soignés, les châteaux et parcs de la Duchesse d’Orléans et des Bruyères. Mais chaque bâtiment du village - église, chaumière ou fermette isolée des Coutures - est également finement tracé. Faisant face à chaque plan, la liste des tenanciers des parcelles, un numéro permettant d'associer chacune d'elle à son exploitant. La taille exacte des terrains est également indiquée en perches carrés (une perche = 51 mètres carrés). La grande majorité des surfaces ne dépasse pas la quinzaine de perches, soit 750 m2.

Peu d'évolution des frontières de la ville depuis 1727

Les services d'archives et de l'urbanisme de la ville se sont attelés à ce puzzle géant pour reconstituer un plan général du village de Bagnolet à partir de la centaine de "pièces". Un vrai casse-tête chinois, chaque plan ayant son échelle propre, selon des orientations cardinales variables. En superposant les cartes du territoire reconstitué de Bagnolet en 1727 et celui d'aujourd'hui, force est de constater que les limites de Bagnolet n'ont que peu évolué au cours des 400 dernières années. Bagnolet a du céder une part de ses terres à Paris au sud-ouest, et au nord-ouest, une bande de son territoire de jadis fait désormais partie des Lilas. 

La rue Sadi Carnot, Grande Rue du village de "Bagnollet"

On y trouve déjà la Grande rue, artère centrale du village de Bagnolet, construit sur le modèle - classique de l'époque - du village rue. Elle deviendra, quelques centaines d'années plus tard, la rue Sadi Carnot.

Ce plan est une source d'une richesse inestimable pour retracer l’histoire de la ville. Rares sont les documents qui permettent aux chercheurs de reconstituer l'organisation de la vie rurale locale. Conservé précieusement dans les archives de la ville, le plan-terrier a été numérisé pour en faciliter la consultation par le public, nous vous en proposons l'accès ici. Malheureusement aucune trace n'a été trouvée du livre terrier de Bagnolet que ce plan accompagnait. Peut-être a-t-il été brûlé à la révolution ?  

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